LA MAFIA FRANÇAISE, SES MÉTHODES, SES RÉSEAUX | 2013 | (BRUNO MERCIER)

la mafia française bruno mercier 2013 pdf

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LA MAFIA FRANÇAISE, SES MÉTHODES, SES RÉSEAUX | 2013 | (BRUNO MERCIER)

– PROLOGUE
– INTRODUTION
– LA GENÈSE
– LES MÉTHODES
Le rituel et le Franc-Maçon
Les trafics et manœuvres
L’architecture de l’organisation
Le nouveau combat contre l’islam
Organisation criminelle ou réelle mafia ?
La mafia française est-elle intouchable ?

– LES AFFAIRES :
Meurtres de Français en Asie
Manipulations de journalistes
Infiltration de Canal +
Financements occultes
Blanchiment d’argent par des ONG
Pédophilie avec meurtres d’enfants
Services secrets
Franc-maçonnerie
Ouvéa, Nouvelle-Calédonie
Juge Borrel, Djibouti

– ÉPILOGUE
– NOTES
– PIÈCES À CONVICTION 01 à 11
– L’AUTEUR

PROLOGUE

Je n’arrive toujours pas à comprendre comment j’en suis arrivé à me retrouver au milieu de mafieux et, surtout, comment ils ont pu croire un seul instant que j’accepterais d’adhérer à leur idéologie. Est-ce que je représentais la recrue idéale parce-que j’étais un sous- officier parachutiste de la Coloniale qui avait commencé sa carrière à dix-sept ans et participé à différentes opérations en Afrique ainsi qu’en Asie du Sud-est ? J’ai été décoré plusieurs fois pour actes de courage et de dévouement, deux fois grièvement blessé à l’étranger, miné par le paludisme jusqu’à être souvent évacué dans des hôpitaux entre la vie et la mort. Titulaire de la Médaille Militaire pour toutes les fois où je me suis fait tirer dessus, pour toutes les fois où j’ai accompagné des gens à la mort et pour toutes les fois où j’en ai sauvé, jamais je n’ai cédé devant les menaces de qui que ce soit et où que ce soit. J’ai au contraire été au devant des périls sans la moindre hésitation, pensant que c’était mon devoir de le faire.

Tireur d’élite à l’âge de dix-huit ans, j’ai appris par cœur tous les grades des armées du Pacte de Varsovie pour sélectionner dans ma lunette, le moment voulu, leurs officiers. Pendant toute une journée je pouvais rester caché, scrutant une piste ou un découvert. Au Tchad, au cours d’échanges de feux avec des bandits, je me suis fait surprendre. A genoux, face au fleuve le Chari, j’ai attendu d’être exécuté d’une balle dans la tête. Le guerrier qui me tenait en joue et qui était drogué m’avait demandé de lui donner mon fusil d’assaut. J’avais refusé ce déshonneur. Trente après, j’ignore toujours pourquoi il n’a pas appuyé sur la détente. J’avais pourtant, devant mes yeux, le bout du canon de son pistolet mitrailleur Mat 49. C’est une question qui restera sans réponse jusqu’à la fin de ma vie. Trois heures après cet épisode, j’étais en patrouille dans N’Ndjamena et m’appliquais à enjamber les cadavres qui jonchaient le sol. A cause de l’odeur qui s’en dégageait, je portais un mouchoir sur le visage pour ne pas être pris de vomissements. Une nuit, postés avec d’autres parachutistes sur le toit de la Banque Centrale Tchadienne, nous avons entendu les gens se faire égorger les uns après les autres à moins de deux cent mètres à vol d’oiseau de notre position. Il y avait près de quatre mille cadavres qui jonchaient les rues de N’Ndjamena. Sous l’action de la chaleur, ils gonflaient et se déchiraient.

Puis, il y a eu le retour en France et, pour être revenu de cette première opération en si mauvaise santé, ma première hospitalisation dans un hôpital militaire. Trois mois plus tard, dans un avion militaire qui venait de décoller de Toulouse, j’apprenais que je partais participer à un coup d’Etat contre l’Empire Centrafricain. Patrouillant à pied et en tenue camouflée dans Bangui à la poursuite des militaires fidèles à l’Empereur Bokassa, je me suis retrouvé au milieu d’émeutiers qui se faisaient tirer dessus par des policiers africains. Les opérations héliportées pour investir les positions « ennemies » se sont succédé ensuite à un rythme soutenu, de jour comme de nuit. Au cours d’une relève de garde au Palais présidentiel, que nous tenions, j’ai trouvé un copain mort au pied d’un mirador. J’avais dix-huit ans, c’était le premier « frère d’armes » que je pleurais du plus profond de mon être.

Ma jeunesse est ainsi partie entre des avions qui me larguaient en parachute et d’autres qui me transportaient en Afrique pour défendre les intérêts français. J’ai appris la valeur de la vie en voyant souffrir des gens à la peau noire. J’ai également appris à être insensible aux tragédies dont j’ai été le témoin et parfois l’acteur, pour me donner une chance de vivre comme tous les jeunes de mon âge. Pour mieux anticiper les réactions de l’ennemi, je me suis ensuite imprégné de ses méthodes de combat au cours de différents stages qui m’ont amené à commander à mon tour de jeunes parachutistes en Afrique. J’ai moi-même eu pour formateur un officier parachutiste franco-vietnamien de grande valeur. Il avait lutté contre les Viêt Công1 aux côtés de l’armée sud-vietnamienne et j’ai beaucoup appris de lui dans l’art de la guerre. J’ai pu mettre en œuvre tout ce que j’avais appris sans aucune pitié et avec une grande efficacité. Bon élément sur qui « on pouvait compter dans les moments les plus difficiles », j’ai gravi les grades en tant que sous-officier, toujours au sein d’un régiment parachutiste d’Infanterie de Marine. En 1988, lors des événements de Nouvelle Calédonie, j’ai vu ce qui semblait être une guerre civile. Un jour, alors que je constatais des actes de violence à l’encontre d’une famille caldoche2, j’avais mis mon Dodge américain3 en travers de la route afin qu’une équipe procède à un contrôle d’identité. Plus tard, un grand Australien, qui « visitait » l’île au volant d’un 4×4, s’est présenté aux parachutistes que je commandais avec les deux arcades éclatées et le visage ensanglanté. On ne fait pas de tourisme dans une île française alors que les tribus kanakes4 et les Caldoches s’entretuent ! Puis, il y a eu l’opération Victor, à Ouvéa5.

Arrivé à douze ans de service, j’ai changé de métier et je suis devenu spécialiste de Défense NBC (Nucléaire Biologique et Chimique). Une spécialité passionnante, où les virus côtoient les atomes et le chlore. Muté deux ans à Djibouti, j’ai vécu la soirée de l’attentat du café de Paris où le petit garçon de l’adjudant-chef Hervé a été tué par des éclats de grenades. Engagé quelques mois après dans l’opération Godoria, qui consistait à stopper une division éthiopienne en déroute qui pénétrait sur le territoire, j’ai été décoré une nouvelle fois pour avoir arrêté un char T556 et fait prisonniers ses occupants. J’avais été engagé dans cette opération pour monter des stations mobiles d’eau potable pour les réfugiés qui se regroupaient sur la frontière. Mais, au détour d’une dune de sable, je me suis retrouvé dans une jeep face à ce char qui aurait pu faire ce qu’il voulait de ma petite personne. J’ai été ensuite employé à rechercher tous les indices d’emploi d’armes chimiques en fouillant une dizaine de chars de ce type. Djibouti était un pays passionnant, plein de contradictions. Avec ma femme, nous avons caché une semaine une Ethiopienne qui voulait se marier avec un caporal-chef de mon régiment. A cette époque, elle aurait pu se faire arrêter par la police qui rançonnait les Afars7, dont certains disparaissaient d’ailleurs.

Trois ans après, j’étais sur la frontière thaïlandaise à faire des patrouilles en zone Khmer rouge. Je me souviens de la nuit où les représentants de l’ONU ont été attaqués à Krong Koh Kong. Avec quelques parachutistes du 6e RPIMa, nous étions intervenus pour les dégager au milieu d’une pluie de tirs. Le ciel était illuminé par les balles traçantes. Quand je n’étais pas en train de patrouiller dans les rizières, je partais avec notre bateau ONU arraisonner les jonques à la recherche d’opium. Une des patrouilles qui m’a le plus marqué est celle que nous avions faite sur la frontière, au milieu des mines, avec un caporal-chef que j’estimais particulièrement. A force de discuter ensemble, nous nous sommes retrouvés tous les deux en plein champ de mines, hors de la piste qui nous était ouverte par un militaire de l’armée régulière. Nous en avons rigolé alors qu’un blessé dans cette zone ne pouvait espérer être évacué par hélicoptère au mieux six heures après avoir demandé l’évacuation. La zone était si dangereuse qu’il aurait fallu deux autres hélicoptères de protection. Nous faisions parti du paysage, peut- être complètement absorbé par le « mal jaune » que nos anciens avaient connu et qui nous faisait perdre la réalité du terrain.

Non content de servir la France en uniforme, j’ai mené des études personnelles sur la guerre d’Indochine. Je suis allé à Hanoï, Saïgon8, dans la région où les prisonniers français étaient enfermés dans les années cinquante. Dans un petit village, un enfant en vélo m’a lancé au visage un bout de bambou taillé. Je l’ai évité de justesse. Avec un autre sous-officier parachutiste, je me suis lancé à pied sur la piste entre Hoa Binh et Dien Bien Phu9. Trois cents kilomètres en six jours pour essayer de comprendre ce qu’avaient vécu les onze mille prisonniers du camp retranché qui, pour la plupart, ont disparu sur cette piste et dans les camps d’extermination communistes. Avec le Colonel Bang, qui assurait notre protection, j’ai beaucoup appris sur la mentalité communiste de l’époque. Le soir, dans des auberges empoussiérées, nous partions dans de grandes conversations et je le remercie encore aujourd’hui de m’avoir sauvé la vie à Son La. Je me suis rendu à plusieurs reprises dans l’ex-Indochine française pour ces études et, inévitablement, les services de renseignement militaire m’ont demandé de leur rapporter des informations, en particulier sur des Français du Cambodge. De retour en France, ces mêmes services de renseignement m’ont menacé et interdit de révéler quoi que ce soit aux services de police. C’était en 2000. J’ai refusé ces ordres.

J’ai quitté l’armée en 2002, simplement et sans remerciement pour mes vingt-quatre années passées à servir le drapeau. Etant toujours en relation avec la mafia qui essayait encore de me compromettre, j’ai tout tenté pour dénoncer les activités criminelles dont j’ai été le témoin. Les services de l’armée n’ont rien fait pour me protéger, bien au contraire. Depuis, j’ai plusieurs fois été agressé, ma famille menacée. Je me suis retrouvé deux fois en garde à vue pour une cabale montée contre moi. J’ai plusieurs fois été dénoncé comme étant un pédophile, un pervers, un voleur. Tous les moyens pour me déstabiliser ont été employés. J’y ai perdu la femme que j’aimais. Des policiers m’ont mis en garde face aux risques de défenestration de même qu’aux risques encourus à emprunter les transports en commun. Un jour, un journaliste envoyé par la DGSE10 m’a fait découvrir l’affaire de l’assassinat du juge Borrel, j’ai dès lors compris pourquoi je subissais continuellement des pressions et des menaces.

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