Ces rappeurs qui soutiennent Dieudonné…

source: brasdhonneur.fr

Ces rappeurs qui soutiennent Dieudo…

Quand nos rappeurs parlent de Dieudonné, c’est sous la forme d’une « spéciale dédicace » qui vaut pour soutien et, comme pour montrer qu’on fait partie des « vrais qui savent », on y ajoute une pincée de références qui sont autant de signes de reconnaissance à destination des seuls initiés, ces familiers des spectacles de Dieudonné.

Aussi, on s’étonne de l’ironie dont fait preuve Dieudo face à ce défilé hip hop caillera qui donne dans le concert de louanges.

Ce serait oublier cette expression qui veut que les paroles s’envolent et les écrits restent. Car on ne peut mesurer le degré d’engagement du rappeur sans faire un retour par le texte.

A ces textes qu’on appelle lyrics.

Un engagement qui, sur le papier ou dans sa finalité qu’est le micro, relève davantage du désengagement, d’une prise de distance par rapport au combat de Dieudo, à ces spectacles dont les thématiques sont autant de problématiques pour un rappeur qui se situe dans le système: et qui veut y rester coûte que coûte.

Des lyrics qui sont autant de moyens pour le rappeur d’acquérir ses lettres de noblesses dissidentes, via la bonne vieille technique du « name dropping » propice à toutes les comparaisons flatteuses, tout en faisant bien attention à ne pas aller trop loin, à ne pas franchir la ligne jaune, sous peine de s’aliéner une partie des médias et de ses parts de marché.

Sous un chapiteau, on parlerait de numéro de contorsionniste , sur RTL9/W9/NT1 devant un Van Damme de vidéoclub, de grand écart. Quel que soit le mot adopté,  la position est des plus inconfortables, pour ne pas dire dangereuse – car à trop vouloir être des deux côtés du manche, on finit par se ruiner l’entrejambe. Et c’est tant mieux pour eux.  Eux que nous appellerons sous le terme de « taquins mais pas kamikazes » ( Dieudonné ™, Mes Excuses©).

Taquins, tous ces rappeurs qui ont défendu Dieudo dans ce court laps de temps qui va du sketch chez Fogiel, en 2003 à  l’année 2008 – où notre humoriste fera successivement monter sa fille Plume sur les genoux de son parrain Jean-Marie et son ami Robert sur la scène d’un Zenith et sous un tonnerre d’applaudissements. A la poignée de main avec Jean-Marie, succéderont les premières vestes retournées, les premières indignations exprimées, les premiers divorces prononcés. A l’image d’un Stomy Bugsy qui, après avoir manifesté avec Dieudo et contre Fogiel, confiera à Ruquier son envie de « gifler » cet ex-ami qui a osé se réconcilier avec son ex-ennemi. Lui qui rêvait d’être le nouveau Mohammed Ali, devra se contenter de n’être qu’un Pascal Elbé avant l’heure.

Il est rejoint en cela par Sultan dont le titre « 10 ans » contient la perle suivante :

« Y a des mecs que je soutenais mais j’ai été étonné/ Ça tient à une poignée de mains comme a pu le faire Dieudonné »

Taquins, aussi, ces rappeurs qui font attention de séparer le bon grain de l’ivraie. Qui préfèrent broder sur la viralité et la vitalité des signes distinctifs de la dieudosphère, leur présence et leur prégnance dans l’espace public (comme la très contagieuse quenelle qui s’accompagne généralement d’un mouvement de doigt en direction du ciel), plutôt que de s’attarder sur la nature du combat de Dieudonné (sans même parler de la nature de ceux qu’il combat). Sont visés, Sadek et son titre « Au-Dessus » :

« Dieudo-Dieudonné, Dieudo-Dieudonné/ 600 000e cash, comme si j’étais Dieudonné/Tous  les zéniths plein, à la Dieudonné/ Quenelle devant l’assemblé, à la Dieudonné »

Ou bien encore Nessbeal, avec son parallèle entre Dieudonné et le Colonel Reyel (« Gunshot »):

«Sors pas dehors ça va tomber du ciel par centaines/ Opération pluie de quenelles je suis Queulenelle Reyel»

Parallèle qui se justifie par le succès remporté par Dieudonné; succès comparable, aux yeux de Nessbeal, à celui d’un chanteur du TOP 50. Ce qui est vrai. Ce qui est vrai aussi, c’est que Nessbeal a certes du courage mais pas de témérité, comme lorsqu’il jalouse la liberté d’expression de Dieudo (« La naissance du mal ») :

« J’suis tombé à terre, j’me suis relevé pestiféré/ Déféré au parquet j’veux la même liberté de parole que Dieudonné/ J’attends plus rien de l’être humain khey y’a que dieu qui va me pardonner »

On comprend alors que Dieudonné est celui qui dit tout haut ce que Nessbeal pense tout bas et qu’il s’interdit de dire.

Cette liberté de parole qui vaut à Dieudonné  cet « acharnement » dont parle Soprano (« Moi j’ai pas »)

« Moi j’ai pas l’acharnement qu’a connu Dieudonné »

Quel acharnement ? Qui s’acharne sur Dieudonné ? Qui fait quoi ?  On n’en saura pas plus. Ce qu’on sait, par contre, c’est que Soprano n’est ni antisémite ni fondamentaliste :

« Moi j’ai pas connu la haine de Hitler/ Moi j’ai pas mis des bombes chez Tony Blair ».

Merci pour ces précisions. On a eu peur l’espace d’un instant que le marseillais Soprano riait de bon cœur aux blagues du camerounais Dieudonné sur le « français » Patrick Cohen. C’est quand même curieux qu’à chaque fois qu’un rappeur cite le nom de Dieudonné, il se croit obligé de:

1)  dénoncer les dérives des humoristes (et fixer des limites à l’humour), à l’image de Youssoupha (« A force de le dire »):

«  À force de rire du bout des lèvres étant donné/ Que les blagues de Michel Leeb me font moins rire que celles de Dieudonné

Quand l’humour est acerbe il prend des risques fous/ Et j’dois bien reconnaître qu’on ne peut pas toujours rire du tout »

2) comme El Matador, de dire que le racisme c’est mal, que le feu ça brûle et que l’eau ça mouille (« Politiquement Incorrect »).

Un El Matador, chez qui le meilleur:

« J’suis là pour jouer l’irréductible, je n’ai qu’une cible/ Ceux qui font les marionnettes lors du dîner du CRIF» ou encore « J’suis un peu comme Dieudonné face aux placeurs de quenelle/Dans c’pays qui va mal, j’viens dénoncer qui banane » côtoie souvent le pire catéchisme gauchiste:

« J’suis pas l’ennemi d’la France, mais c’lui du bloc identitaire/ L’ennemi de ceux qui rythment leur vie sur les chants d’Hitler » ou « On sait très bien qu’une rue du Seizième ne vaudra jamais dix cités/Ils assimilent les Roumains avec la mendicité/Oublient les parachutes dorés, retraite anticipée » ou mieux encore « Et si la France m’a jamais dit Je t’aime/C’est qu’elle doit être frigide comme Nadine Morano ou bien Marine Le Pen»

A ces non-dits, ces sous-entendus, ces quenelles larmoyantes, nous préférerons largement la franchise d’un Despo Rutti. Qui, lui, « ose » se comparer à Dieudonné  (« J’suis Dieudonné en plus foncé/Avec 15 piges en moins j’suis pas antisémite/Juste un peu trop amer/Un peu jaloux des traitements de faveur » in  Les Sirènes du charbon »). A lui délivrer un brevet de francité (« Dieudonné est aussi français que Marc-Olivier Feujiel » in « Sors ta Carte »). Et à lui témoigner de son amour («J’kiff Dieudo et j’mange pas cacher » in  «Sauvage»)

Mac Kregor, aussi, ne mange pas casher comme en témoigne le couplet suivant (« On te la Dieudonné/ Parce qu’il ne mange pas casher/ C’est trop cher la vérité/Eli l’a compris alors il s’est barré, ma gueule » in « Les Vérités »).

Ces deux-là sont les vrais héritiers de Dieudonné. Quant aux autres, le grand écart, ça va un moment. La prochaine fois, on fera une fournée…

( Rédaction BDH)

 

 

 

Le 26/06/2014 à 22:11
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